SF / Thriller / Horreur / Fantastique

Sale Gosse – Stephen King.

Sale Gosse est une nouvelle de Stephen King, parue uniquement en France et en Allemagne, au format numérique. Un cadeau du Maître incontesté de l’horreur, pour remercier son public de l’accueil qui lui a été fait lors de sa visite.

Attention : Je parle de certaines choses dans cet article, en lien avec ce que j’ai ressenti certes, mais que vous ne voudriez peut être pas percevoir avant de lire la nouvelle. Donc, je vous conseille de lire cet avis après l’avoir lue. 

Résumé :

Souvenez-vous, ça revient sous les traits d’un enfant…Un gamin diabolique qui provoque immanquablement la disparition de vos proches, un sale gosse qui a conduit le comptable George Hallas dans le couloir de la mort. Et qui pourrait bien un jour croiser votre chemin…

La nouvelle numérique est disponible sur diverses plateformes, mais je préfère de loin toujours donner le lien de la maison d’édition. Il est préférable, à mes yeux d’encourager la visite ou/et l’achat sur leur site lorsque c’est possible, plutôt que des plateformes autres.
Et puis parcourir une maison d’édition, c’est découvrir ses livres, et… Faire crier la carte bleue. Même pas honte. Quand il s’agit de livres, ne laissez personne vous dire que c’est mal.

Vous trouverez donc les infos sur le livre ici : Sale Gosse – Stephen King

Mon avis :

Petit point noir : J’aurais tellement voulu l’avoir en version papier ! On ne le trouve pas seul, mais uniquement dans le recueil « Le Bazar des Mauvais Rêves« .

La couverture de « Sale Gosse » est magnifique, et Albin Michel sait tellement faire de beaux livres. Mais Passons : L’avoir est déjà génial, que ce soit en numérique ou au sein d’un recueil.

L’écriture de Stephen King reste, selon moi, celle qu’elle a toujours été. Il est vrai que je n’ai pas aimé toutes ses histoires. Mais je pense que ça ne vient que de moi. On ne peut pas être touché par tout, tout le temps, c’est humain, et ma foi, ça n’a rien de dramatique. La diversité n’est qu’une richesse qui atteint son but : Toucher tout le monde. Et c’est ce qui compte. Ne laissez jamais un avis en apparence négatif vous empêcher de lire un livre. Les propos que vous lirez ne seront toujours que ceux de son auteur. Gardez donc votre libre arbitre.
Je reste objective (oui, même avec Stephen King !) et jamais son écriture n’a été de moins bonne qualité, au sein d’un livre, ou d’un autre.

Lorsqu’on lit Sale Gosse, on reste dans cet éternel schéma Kingien, le brute de coffre dépourvu de gratuité. Les mots sont justes et bien utilisés. Ils sont au service de l’émotion humaine profonde et parfois crue, torturée. Ils sont au service de l’imaginaire, ils parviennent à vous montrer les scènes, comme si vous y étiez. Stephen King sait décrire. Sans lourdeur, sans que ça ne dure une éternité, et ça marche atrocement bien. Ce Sale Gosse, je l’ai vu, dans ma tête. Il est affreux. Il est laid, malfaisant. Il est vulgaire, dépourvu d’âme. Il est le Mal.

Et au final, ce Sale Gosse, on ne sait même pas ce qu’il est. Quand on pense à lui, le mot qui vient c’est « ça ». Pas le Grand Pennywise, mais un « ça », tout de même.

Ce livre pose des questions. Cette histoire est dérangeante à souhait. Pas dans un sens négatif, pas du tout. Bien au contraire. Ici, on s’interroge sur soi. Sur ses opinions, celles qu’on a tant validées avec la plus entière et sincère conviction, hurlées à plein poumons.

Le droit de tuer. La légitimité du meurtre. Pire : La légitimité du meurtre d’un enfant.

Mes sentiments, mes émotions ont été mis à rude épreuve, avec cette nouvelle pourtant si courte. J’ai compris la colère de George Hallas, je me suis surprise à comprendre son acte. Cette nouvelle est écrite de telle façon, que je me suis dit qu’il avait raison. Puis j’ai été horrifiée : Ça veut dire valider le meurtre, pire, celui d’un gosse. Même si c’est un Sale Gosse. Le Pire. Et qu’en plus, c’est même pas un gosse. Est-ce que c’est normal de se dire qu’on peut tuer un Gosse, même celui là ? Comment se passent les choses, lorsque notre seul choix est soit notre mort et celle de tous les nôtres, soit celle d’un Sale Gosse ? Affronter les autres, après son geste. Ces gens qui ne savent pas voir au delà des apparences, parce qu’après tout, ils voient un Gosse, mais s’en était pas un. C’était un « ça ».

Les enfants sont-ils tous des petits Anges souriants, dépourvus de négativité, de capacités de choix, celui de faire mal ? Lorsqu’ils sont cruels, assassins, vides de tout. Des « ça ». Faut-il encore les voir comme des Gosses avec l’innocence qu’on leur attribuent forcément et fatalement, allant jusqu’à leur retirer cette ambivalence dont nous sommes pourtant tous irrémédiablement pourvus dès la naissance ? Quand la société sera-t-elle prête à accepter qu’il est possible qu’ils fassent le choix volontaire de faire mal, d’être assassins et vides, et les traiter pour et en fonction ce qu’ils sont, au lieu de tout pardonner au nom de la toute douce enfance ?

Les apparences. Ce qui est normal, bien ou mal de faire. Affronter la masse qui ne comprend pas vos compréhensions pourtant logiques, si lourdes et si douloureuses, mais écrasantes de vérité.

Stephen King, selon moi, dans cette nouvelle, bouscule des idées toutes faites, préconçues. Comprendre implique de s’affronter, d’affronter et de reconnaître l’horreur, réelle et palpable, peu importe dans quel corps, ou coeur, elle se trouve.

Encore une fois. Lorsque j’ai fini cette nouvelle, je suis restée assise, abasourdie. Dérangée, et silencieuse. Je me suis souvenue de tout ce que j’avais appris en « étudiant » la criminologie à mon modeste niveau d’amatrice. Ça se rejoint. Encore une fois, il m’a laissée sur le carreau, avec ses mots.

Lisez cette nouvelle, vraiment. C’est profond, dérangeant, mais immensément utile, surtout.

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