SF / Thriller / Horreur / Fantastique

A la Dure – Stephen King.

A la Dure est une nouvelle de Stephen King, parue d’abord dans le recueil de nouvelles « Nuit Noire, Étoiles Mortes« , uniquement dans la version des éditions Le Livre de Poche, comprendre par là que vous ne la trouverez pas dans la version grand format du recueil, parue aux éditions Albin Michel. Cette nouvelle se trouve également dans un autre recueil de nouvelles, paru après, Le Bazar des Mauvais Rêves« . La nouvelle existe seule, uniquement au format ebook, pour 0,99 centimes d’euro.

Résumé :

Bradley Franklin est un publicitaire au sommet de sa carrière. Il vit à New York avec sa femme Ellen, dans un bel appartement de l’Upper East Side baigné de soleil, et on pourrait dire de lui que c’est un homme accompli. Mais, ces derniers temps, Brad est fatigué. Il dort mal, fait toujours le même cauchemar qui le réveille en sursaut, se traîne au bureau. Son métier ne le passionne plus vraiment, il en fait le tour, et la relève est déjà arrivée. Et puis il s’inquiète pour Ellen. Elle est tombée malade récemment. Très malade. Les choses s’arrangent, mais elle semble toujours aussi faible…

Sur ma liseuse, A la Dure fait 58 pages. Je l’ai également sur l’un des deux recueils de nouvelles, Le Bazar des Mauvais Rêves, puisque je n’ai « Nuit Noire, Étoiles Mortes » qu’en grand format. Rien de surprenant, quand on sait à quel point j’aime Stephen King.

Vous trouverez le livre en version ebook sur le site de la maison d’édition et l’achat est possible : Le Livre de Poche.

Mon avis :

L’écriture de Stephen King reste la même. Prenante, humaine, terre à terre. Pas de déception donc, concernant l’écriture du Maître.

Il faut bien comprendre qu’ici, on est dans un épisode de la vie, au sens réel. C’est à dire que nous ne sommes pas dans une science fiction, mais en revanche, bel et bien dans une véritable horreur. Une horreur qui peut nous arriver, et c’est arrivé déjà à beaucoup. On a reproché à Stephen King cette « banalité », ce côté, non irréel. Pas de monstres, pas de bizarreries dont la compréhension nous appartient, parce que Stephen King nous à volontiers, pour son plus grand bonheur, perdus en route.
Non, là, c’est la vie. A la Dure parle du désespoir le plus entier, quand notre plus grand cauchemar se produit. Que notre cerveau est entre une part de conscience et le refus d’accepter, l’aveuglement qui apparaît comme étant la seule porte de sortie pour ne pas sombrer au mieux dans la folie, au pire finir avec un fusil sur la tempe. Accepter, c’est la douleur vive et claire, la plaie ouverte, celle qu’on ne surmonte déjà pas alors qu’on fait tout pour l’ignorer. Elle deviendrait réelle.

Devant le vécu de Bradley Franklin, même si son acte semble abjecte, même si on se dit « c’est dégueulasse » et ça l’est effectivement, je n’ai eu que de la compassion. Et je me suis rendue compte à quel point, quand on aime vraiment, il est si facile de faire ce genre de choses. A quel point la douleur, d’une rare violence, peut ne pas être surmontée. Il y a des gens qui n’y arrivent pas. Ces gens là ne sont pas fous, ils sont juste anéantis. Morts dedans. Et qu’est-ce qu’on peut faire, alors qu’on est déjà mort, de toute façon ?

J’ai juste regretté une fin trop rapide, à mon sens. On comprend bien avant la fin ce qu’il se passe mais ce n’est pas gênant, ça permet, au contraire je trouve, la pleine compréhension du personnage, c’est une plongée dans son horreur, qu’on fait tout seul.
Lorsque j’ai fini A la Dure, j’étais dans le train, seule. C’était l’hiver, il a fait nuit tôt. Je me suis encore retrouvée abasourdie, les yeux remplis de larmes, en me disant que je suis assez extrême dans mes sentiments pour réagir comme ça. Pas pour faire ce qu’il a fait en totalité, mais sombrer comme ça, dans une semi conscience, où je serais à peine vivante.

Stephen King explique, dans cette nouvelle et au travers d’une histoire banale vécu par un homme lambda, à quel point la douleur peut nous faire faire quelque chose qu’on aurait jamais pu ne serait-ce que concevoir.

Je vous conseille cette nouvelle. Elle est atroce certes, mais profondément humaine.

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